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Première dans le rayon légumes : des champignons emballés dans leur propre flux résiduel

Des champignons emballés dans la matière première sur laquelle ils ont poussé : cela semble presque trop beau pour être vrai. Et pourtant. À Adegem, Compack, la start-up de la productrice de champignons Marie-Elise Cannie et de sa famille, a développé une barquette circulaire à base de substrat de champignons usagé. Depuis la mi-mai, les premiers champignons bio conditionnés dans cet emballage sont disponibles en magasin. Une première remarquable, dont le potentiel dépasse largement le secteur du champignon.

Marie-Elise Cannie a littéralement grandi parmi les champignons. Aujourd’hui, avec sa famille, elle participe à la direction de la champignonnière familiale Archiduc à Adegem. « L’innovation est indispensable dans notre secteur », explique-t-elle. « Nous travaillons avec des processus naturels et des flux résiduels, mais ceux-ci recèlent encore beaucoup de potentiel inexploité. »

L’idée de l’emballage est née il y a huit ans, à partir d’une question simple : que pouvons-nous faire du substrat de champignons usagé, le support de culture qui reste après la récolte ? « Aujourd’hui, ce flux résiduel est souvent évacué, ce qui coûte de l’argent. Pourtant, il s’agit en réalité d’une matière précieuse. Nous nous sommes demandé : ne pourrions-nous pas l’utiliser de manière plus intelligente ? »

Le substrat de champignons usagé est le support de culture qui reste après la récolte des champignons. Ce flux résiduel se révèle être une matière précieuse : en le mélangeant à de la pâte à papier, on obtient un matériau solide, adapté à la fabrication d’emballages.

La réponse s’est révélée étonnamment concrète. En mélangeant le substrat de champignons usagé avec de la pâte à papier, on obtient un matériau solide et malléable qui convient à l’emballage. Ainsi, les champignons sont littéralement placés dans une boîte fabriquée à partir de leur propre support de culture. « C’est une belle histoire circulaire. Les champignons sont emballés dans la matière première dans laquelle ils ont grandi toute leur vie. De plus, l’emballage est entièrement recyclable via la filière papier et carton, ce qui le rend également très simple à gérer pour le consommateur. »

Durable et réalisable

Pour développer davantage le concept, la start-up Compack a été créée il y a trois ans. Le chemin vers un produit prêt pour le marché s’est révélé intense. « Il y a beaucoup plus de paramètres à prendre en compte qu’on ne l’imagine au premier abord. La sécurité alimentaire est essentielle, mais aussi la solidité, la résistance à l’humidité et la recyclabilité. C’est d’autant plus important pour les champignons, qui sont sensibles à l’humidité et peuvent se détériorer rapidement. »

C’est précisément pour cette raison que le choix s’est porté d’abord sur les champignons. « Si cela fonctionne pour cette culture, cela peut aussi fonctionner pour d’autres légumes et fruits. » Après des années de tests et d’ajustements, la première phase est désormais terminée. Depuis peu, les premiers champignons bio de la champignonnière sont proposés en supermarché dans ce nouvel emballage.

Une ambition importante était de développer une alternative non seulement durable, mais aussi abordable. « Pour nous, il était important que l’écart de prix avec les emballages existants reste limité », explique Marie-Elise Cannie. « Nous voulons que cette solution soit réaliste pour les producteurs et accessible aux consommateurs. » Comme la matière première provient directement de la champignonnière et est réutilisée localement, les coûts restent maîtrisés. Aujourd’hui, le résultat se rapproche déjà du prix d’une barquette plastique classique.
 

Regard vers l’avenir

Même si la première application concerne les champignons, Compack entrevoit des possibilités beaucoup plus larges. « Ce n’est que le début. Nous envisageons aussi des applications pour les petits fruits comme les baies ou les raisins, ou pour d’autres légumes. Il est possible de créer différentes formes et de répondre aux besoins du marché. » L’intérêt du secteur grandit, mais l’équipe choisit d’abord d’acquérir sa propre expérience. « Nous voulons que tout soit parfaitement au point avant de passer à une plus grande échelle. Mais le potentiel est important. »

Aujourd’hui, l’emballage est produit à partir du substrat de champignons usagé provenant de la champignonnière familiale. À terme, Compack voit toutefois de réelles possibilités de déployer ce modèle à plus grande échelle et d’y associer d’autres producteurs de champignons.

L’histoire de Compack montre comment l’innovation dans le secteur maraîcher flamand naît souvent de la pratique elle-même. Elle repose sur la connaissance du produit, mais aussi sur la persévérance. « Le chemin a été long, avec des hauts et des bas. Mais il est incroyablement motivant de voir qu’il est possible de transformer un flux résiduel en un produit à part entière. Et qu’ainsi, nous contribuons à construire un avenir plus circulaire. »

Marie-Elise Cannie a grandi parmi les champignons. Aujourd’hui, avec sa famille, elle participe à la direction de la champignonnière familiale Archiduc à Adegem.

 

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